Interview de Julien Boisard - Second du Festival

Interview de Julien Boisard - Second du Festival "Les Arpents du Soleil 2019"

Interview de Julien Boisard - Second du Festival
Interview de Julien Boisard - Second du Festival
Interview de Julien Boisard - Second du Festival
Interview de Julien Boisard - Second du Festival
Interview de Julien Boisard - Second du Festival
Interview de Julien Boisard - Second du Festival

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Avant, je te propose de te présenter en quelques mots….

Julien Boisard

Je suis un photographe et infographiste originaire de Normandie.

La photographie était une passion, surtout la photographie de nature (macro, paysage, animalier) et c’est devenu mon travail à temps plein depuis 2010 avec le statut auto-entrepreneur.

Je ne travaille pas pour des particuliers mais pour des entreprises, associations, artisans… etc.

 

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Comment es-tu tombé dans la photo ? Qu’est-ce qui t’a donné cette passion ?

Julien Boisard

Mon père était un passionné de photos, petit je dévorais beaucoup de magazines photos et je shootais un peu tout et n’importe quoi ! Des photos évidemment pas artistiques mais la passion était là.

J’aimais aussi le dessin mais j’étais bien trop mauvais pour m’exprimer convenablement dans cette discipline alors c’est tout naturellement que je me suis orienté vers la photographie.

Dans le dessin ou la peinture on peut imaginer le sujet et créer une image depuis chez soi alors qu’en photo il faut aller chercher le sujet, partir loin, faire des découvertes, des rencontres, attendre des heures la belle lumière.

On apprend à devenir patient, chose que je ne suis pas à la base ! … 

La photographie permet de s’ouvrir au monde et c’est ce que j’aime dans cette passion.

 

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Quel a été ton premier boîtier ?

Julien Boisard

J’ai eu plein de « premiers boitiers » ! Des jetables, des compacts… mais le premier appareil qui m’a permis de sortir du mode automatique a été le bridge Minolta A1.

Néanmoins, j’ai vite vu ses limites et je me suis orienté vers le Nikon D70, mon premier reflex numérique.

La découverte de la profondeur de champs avec un 50mm f/1,8 a été une révélation pour moi.

Enfin j’avais un vrai outil créatif et c’était extrêmement motivant !

 

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Peux-tu nous décrire tes débuts dans le monde de la photographie ?

Julien Boisard

Je vis au cœur du Pays d’Auge en Normandie, j’ai la chance d’avoir la campagne et la mer à disposition.

C’est donc naturellement que je me suis orienté vers la photographie de nature en débutant par le merveilleux monde de la macro.

Je n’ai jamais été attiré par les insectes, mais la photo m’a permis de découvrir un monde fantastique et aussi tellement cruel !

Auparavant j’avais peur des araignées, maintenant je les trouve tellement belles et photogéniques !

J’aime également partir sur un coup de tête shooter à la plage, MA plage comme je le dis, toujours la même mais toujours différente suivant les lumières et les marées, un endroit qui me ressource totalement !

Un jour je ne savais pas pourquoi mais je devais me rendre à cette plage, je le sentais !

J’y suis allé et là j’ai eu une ambiance comme je n’ai jamais revu !

Un ciel menaçant à souhait, une mer déchainée, des arcs en ciel… tout pour rendre fou un photographe !

Et ces photos m’ont permis de rentrer à l’agence Bios Photo, mes premiers pas dans la photographie pro on va dire, à partir de ce moment-là on a commencé à acheter mes photographies pour des illustrations d’articles pour des magazines ou autres.

 

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Avant de devenir photographe reconnu dans le monde la photographie, qu’elles ont été pour toi les étapes importantes de ton apprentissage en tant que photographe (Amateur, Expert ou Professionnel) ?

Julien Boisard

J’ai commencé en tant qu’amateur passionné, la photo était vraiment en moi, je ne pensais qu’à ça.

Je voulais évoluer et vite, mais ce n’était « qu’une » passion. J’ai été salarié dans le domaine de l’infographie pendant 12 ans, un licenciement économique m’a un peu forcé à me lancer dans la photo, ce qui finalement était un mal pour un bien.

J’ai eu besoin d’un coup de pied au cul pour faire vraiment ce que j’aime et le destin m’a donné un coup de main.

Après ce licenciement je suis devenu formateur photo dans un centre de formation sur Caen en Normandie et je me suis fait ma clientèle au fur et à mesure sans faire de com, juste du « bouche à oreille ».

Le début d’une longue aventure qui j’espère durera longtemps.

 

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Certains photographes ont-ils été pour toi des sources d’inspiration et de qui s’agit-il ?

Julien Boisard

En fait je regarde peu ce que font les autres, mais on va dire qu’un photographe m’a marqué, Vincent Munier, il est bien plus qu’un photographe, c’est un artiste qui donne des émotions avec des photos très épurées en apparence très simples.

On peut s’en inspirer mais on ne peut pas s’en approcher, il a son style unique… il est tout ce que j’aime dans la photographie de nature, aussi bien pour ses photos que pour la personne très simple et humble qu’il est.

J’ai un coup de cœur également pour une photographe auvergnate, Caroline Mys, une amie à qui j’ai donné mes connaissances en photographie il y a quelques années et qui en fait de magnifiques choses.

Allez faire un tour sur son site vous ne serez pas déçu : www.le-regard-de-caroline.fr

 

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Quels autres domaines de la photo t’intéressent, ou as-tu envie d’expérimenter en dehors de ce que tu fais d'habitude ?

Julien Boisard

De par mon statut de photographe pro je touche à beaucoup de domaines : du packshot, du portrait, de l’architecture… il y a juste un domaine que je ne connais pas énormément c’est la photographie de sport et j’ai toujours rêvé de shooter du WRC, un jour peut être !

 

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Quel est le reportage qui t’a, d’une façon ou d’une autre, le plus marqué ?

Julien Boisard

Chaque sortie photo apporte de l’émotion, des rencontres… même si je n’en fais plus, j’ai eu quelques larmes à certains mariages et également à un reportage dans un refuge animalier.

D’autres plus étranges dans des lieux hantés avec un chasseur de fantômes, Erick Fearson, frissons garantis surtout quand les batteries ne tiennent pas, ce qui est vraiment un signe de présence d’un spectre !!!

Je me souviens également de mes débuts en photos animalières et de mes premières rencontres avec des chevreuils. La photographie apporte énormément d’émotions et quelque part un sentiment de bien-être. 

 

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Dans certain de tes clichés, on peut remarquer un traitement qui permet de bien ancrer l’atmosphère de la photo. Comment travailles-tu tes développements ? Quels outils et quelles techniques utilises-tu ? Quelle approche est ton approche ?

Julien Boisard

J’ai mes recettes on va dire ! Je développe mes raw avec Adobe Lightroom, j’utilise parfois des presets que je modifie.

Ensuite je fignole les fichiers PSD sur Photoshop où je fais du « dodge and burn », des retouches par zones pour accentuer un ciel par exemple… en fait j’improvise la retouche à chaque photo, je crois que je suis incapable de faire deux fois la même retouche sur une même image !

Globalement j’aime les tons froids et les images contrastées.

 

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D’un point de vue plus technique, quel genre de matériel photo utilises-tu ? Et quels sont tes deux objectifs favoris et pourquoi ?

Julien Boisard

Je shoote avec un Nikon D800 et de temps en temps avec un Nikon D3s.

Mon parc optique va de 14 à 200mm. Mes deux objectifs préférés sont le Nikkor 17-35 f/2,8 et le Sigma 85 f/1.4 (pas le Art).

J’ai toujours aimé l’ultra grand angle, ça permet de jouer avec les perspectives et les plans, quand c’est bien géré on arrive à donner un côté impressionnant aux photographies, mais il faut vraiment être attentif à la construction de l’image sous peine de se retrouver avec des images pleines de vide !

Pour le 85mm j’adore son rendu tout simplement, la douceur de son bokeh et le piqué dès la pleine ouverture.

C’est normalement une optique à portrait mais je m’en sers pour beaucoup d’autres choses.

Je m’amuse beaucoup avec sa faible profondeur de champs, il est idéal pour mettre en avant un sujet. 

 

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Quelles sont les contraintes techniques dans le type de photographie que tu préfères ?

Julien Boisard

Les contraintes de la lumière !

J’utilise de plus en plus des flashs de studio autonomes comme le Godox AD200.

J’ai longtemps été un anti-flash mais c’est tout simplement que je ne maitrisais pas.

Grâce à ces flashs de studio autonomes tout est permis ou presque et on peut sublimer un sujet tout en gardant l’ambiance de la lumière naturelle… technique du strobist quoi et c’est vraiment passionnant à mettre en place car on construit vraiment la lumière.

En contraintes j’aime aussi gérer dès la prise de vue les gros écarts de contrastes en paysages ou en architecture grâce à des filtres dégradés et également en post-traitement.

En bref je cherche les difficultés car c’est ce qui permet de faire des images différentes et de se démarquer. 

 

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Au quotidien, quels sont les moments que tu apprécies tout particulièrement dans ta pratique de la photographie ?

Julien Boisard

Contrairement à la période de ma vie où j’étais salarié, la pratique professionnelle de la photographie m’apporte beaucoup moins de routine, chaque journée est différente alors qu’avant j’avais des journées « copié-collé » !

Gagner sa vie grâce à sa passion, quoi de mieux en fait ?

 

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Quels évènements particuliers couvriras-tu cette année ?

Julien Boisard

Hum pour l’instant rien de prévu, mais tout se fait souvent à la dernière minute alors surprise !

 

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Quelles sont tes périodes de liberté durant l’année.

Julien Boisard

Comme je ne fais plus de mariages, j’ai plus de liberté en juillet et août, mais ça ne veut pas dire que je ne fais rien pour autant.

De temps en temps j’arrive à me libérer une petite semaine pour un voyage photo, mais malheureusement pas assez à mon goût.

 

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Un petit mot de la fin ?

Julien Boisard

A tout ceux qui débutent dans la photographie, aiguisez votre regard sur des sites Internet ou dans des livres, observez ce qui vous entoure, ne vous dites pas que le matériel fait tout, et surtout trouvez votre propre style, ne copiez pas, inspirez-vous éventuellement.

La photographie est un moyen d’expression alors ça doit vous ressembler et c’est là tout l’intérêt de cette passion


L'histoire de la photo du concours

Un matin j’avais envie de partir avec mon VTT au lever du soleil faire de la macro.

Je n’ai pas trouvé de sujet mais le paysage était baigné par cette brume et cette lumière chaude, c’était magnifique, le paysage totalement transformé !

Je n’avais qu’une focale de 105mm maximum sur moi (Sigma 24-105 ART) et c’était un peu court, j’ai donc mis mon Nikon D800 en mode DX.

En photo on ne peut rien prévoir en fait, là j’ai eu de la chance. 


Les liens de Julien :

 http://www.julienboisard.fr/

 

 https://www.facebook.com/julienboisardphotographe

 

 https://500px.com/jboisard