PRIX CARMIGNAC DU PHOTOJOURNALISME

13e EDITION E-WASTE IN GHANA: SUR LA ROUTE DES DÉCHETS ÉLECTRONIQUES UN REPORTAGE COLLABORATIF D’ANAS AREMEYAW ANAS, MUNTAKA CHASANT ET BÉNÉDICTE KURZEN

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PRIX CARMIGNAC DU PHOTOJOURNALISME

Crédit Photo : Old Fadama, Accra, Ghana, 9 février 2023. Simon Aniah, 24 ans, brûle des câbles électriques usagés pour récupérer du cuivre © Muntaka Chasant pour la Fondation Carmignac


Le Prix a été attribué à une équipe composée du journaliste d’investigation anti-corruption et activiste Anas Aremeyaw Anas et des photojournalistes Muntaka Chasant et Bénédicte Kurzen (NOOR). De février 2023 à février 2024, grâce à l’accompagnement humain et financier de la Fondation Carmignac, les lauréats ont conduit une enquête de terrain transnationale qui les a menés du Ghana à l’Europe.

ÉTAT DES LIEUX DES DÉCHETS ÉLECTRONIQUES

62 millions de tonnes : c’est le volume de déchets électriques et électroniques généré dans le monde en 2022, selon le dernier Global E-Waste Monitor Report publié aujourd'hui par les Nations Unies. Selon l’étude, les rebuts électroniques mondiaux représenteront 82 millions de tonnes d’ici 2030. Après avoir longtemps envahi l’Asie (Russie, Inde, Chine…), l’e-waste venu d’Europe et des États-Unis se déverse aujourd’hui en quantités industrielles et en violation des traités internationaux dans les ports de pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Ghana qui fait ainsi face à la prolifération de décharges informelles à ciel ouvert.

Les images du reportage des lauréats du prix Carmignac du photojournalisme viennent compléter le Global E-waste Monitor publié par les Nations Unies.

Il s’agit d’un partenariat de la Fondation Carmignac avec l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et l’Union internationale des télécommunications (UIT).

LE REPORTAGE DES LAURÉATS

C’est dans ce contexte qu’a démarré l’enquête d’Anas Aremeyaw Anas, Muntaka Chasant et Bénédicte Kurzen, lauréats de la 13e édition du Prix Carmignac du photojournalisme. S’éloignant du traitement dramatique souvent employé par les médias pour dépeindre le Ghana comme "la poubelle du monde", ils ont documenté pendant un an un écosystème terriblement ambigu et complexe. Combinant une approche nationale et internationale, le trio a étudié les ramifications du trafic d’e-waste entre l’Europe et le Ghana, révélant l’opacité de ce circuit mondialisé. Ils mettent en lumière le paradoxe de l’économie des déchets électroniques, qui est à la fois une opportunité exceptionnelle pour des milliers de Ghanéens et un impact humain et environnemental dramatique.

En explorant le monde complexe des produits électroniques d’occasion au Ghana et en Europe, Bénédicte Kurzen a documenté les flux de déchets électroniques et les communautés qui les activent, remettant en question les stéréotypes négatifs sur les exportateurs et mettant en évidence l’inefficacité de la bureaucratie européenne en matière de déchets électroniques.

À l’autre bout de la chaîne, à Accra, capitale du Ghana, le chercheur et photographe documentaire Muntaka Chasant s’est plongé dans une étude sociologique de cette économie, dont dépendent de nombreuses communautés. Il analyse avec précision les groupes sociaux associés à l’exploitation d’e-waste, dévoilant une organisation hiérarchisée et les mécanismes d’un flux migratoire venu du nord-est du Ghana.

Avec son équipe, Anas Aremeyaw Anas s’est quant à lui infiltré dans les ports d’Accra pour pister les flux légaux et illégaux d’e-waste. Opérant clandestinement, et à l’aide de traqueurs implantés dans des déchets illégaux, il éclaire les stratégies et la corruption organisée pour contourner les lois, en Europe comme au Ghana.


EXPOSITIONS

Le reportage collaboratif d’Anas Aremeyaw Anas, Muntaka Chasant et Bénédicte Kurzen fera l’objet de trois expositions.

PARIS – 16 mai au 16 juin 2024, en partenariat avec la Ville de Paris
Port de Solférino, Quai Anatole France (face au musée d’Orsay), 75007 Paris
Entrée gratuite
Une journée de rencontres consacrée aux déchets électroniques sera organisée conjointement avec l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR).

ARLES – 1 juillet au 29 septembre 2024
Fondation Manuel Rivera-Ortiz (MRO), 18 rue de la Calade, 13200 Arles
Entrée gratuite avec le Pass Rencontres d’Arles – tarif plein 6€

NEW YORK – été 2024, en partenariat avec l’UNITAR
Siège de l’Organisation des Nations Unies (ONU)
Accès gratuit


MONOGRAPHIE

Les expositions s’accompagnent d’un catalogue bilingue français-anglais. Co-publié par la Fondation Carmignac et Reliefs Editions, il paraîtra en juillet 2024. Cette collaboration reflète une volonté partagée de témoigner, par des photographies et des textes percutants, des enjeux contemporains du Ghana.

Titre : E-WASTE IN GHANA
Date de parution: Eté 2024
Prix : 35 euros, 45 USD, 58 CAD, 35 GBP
Format : 21 × 28 cm
Publié par : Fondation Carmignac et Reliefs Editions


PRIX CARMIGNAC DU PHOTOJOURNALISME

En 2009, face à une crise des médias et du photojournalisme sans précédent, Edouard Carmignac crée le Prix Carmignac du photojournalisme afin de soutenir les photographes sur le terrain. Le Prix soutient chaque année la production d’un reportage photographique et journalistique d’investigation sur les violations des droits humains dans le monde et les enjeux géostratégiques qui y sont liés. En investissant des moyens financiers mais aussi humains dans la production de ces reportages, et dans leur diffusion avec une exposition itinérante et un catalogue, dans une démarche d’intérêt général, le Prix Carmignac met en lumière les crises et défis que traverse le monde contemporain. Les éditions du Prix Carmignac du photojournalisme ont successivement traité de Gaza (Kai Wiedenhöfer), du Patchounistan (Massimo Berruti), du Zimbabwe (Robin Hammond), de la Tchétchénie (Davide Monteleone), de l’Iran (Newsha Tavakolian), de la Guyane (Christophe Gin), de la Libye (Narciso Contreras), du Népal (Lizzie Sadin), de l’Arctique (Kadir van Lohuizen et Yuri Kozyrev) de l’Amazonie (Tommaso Protti), de la République démocratique du Congo (Finbarr O’Reilly et les photographes du projet collectif « Congo in Conversation ») et du Venezuela (Fabiola Ferrero).

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